Insoumise Tome 1. Chapitre 6

Chapitre 6.
 
« C'est le grand jour, Constance !!
- Ô par Dieu, Juliette, ne crie pas si fort dès le matin...
- Constance, votre bain est chaud, dépêchez-vous ! Nous devons être à midi pile à la cathédrale !
- Mais qu'est-ce que tu racontes, Juliette... Le mariage est dans une semaine...
- Constance, c'est aujourd'hui !
- Aujourd'hui ?
- Aujourd'hui !! »
 
Constance se releva d'un coup, sur son visage livide on aurait pu lire la mort.
 
« Mon Dieu, c'est aujourd'hui...
- Oui ! Bon, allez dans votre bain, Constance !!
- Je vais me marier...
- Constance !! »
 
Juliette dut traîner la jeune femme hors de son lit et une fois celle-ci dans son bain de lait d'ânesse et de rose, elle eut enfin la réaction escomptée.
 
« Nom de... Juliette, quelle est cette plaisanterie ?!
- Du lait d'ânesse. Cela hydrate et rend plus belle, Princesse. Le Roi l'a fait préparer spécialement pour vous.
- C'est froid !
- Exactement. Penchez la tête en arrière. »
 
Ce fut long. Incroyablement long. Cinq domestiques en plus de Juliette et d'Abigaëlle s'activaient autour d'elle et cela la rendait folle.
La robe de satin blanc tant préparée était enfin prête. Avec beaucoup de difficultés, on la lui mit. Des fleurs du Nord était cousues de fil d'argent sur le bas de la robe. La dentelle incrustée de perles soulignait chaque forme et détail de la silhouette de Constance, le buste et les épaules étaient recouverts de diamants et les immenses manches de soie et de satin étaient légères comme des nuages.
Le corset la comprimait affreusement et sa poitrine en ressortait plus grosse.
On lui mit la plus belle parure d'or blanc et de diamants. Chaque tige était travaillée pour être fine et légère, et chaque diamant incrusté était minuscule et brillait comme une étoile.
Chaque détail de sa coiffure était pensé et Constance remercia sa mère de lui avoir donné une longueur et une épaisseur de cheveux parfaites car sinon cette coiffure aurait été impossible.
Une couronne de tresses complexe lui avait été faite, se terminant par un minuscule chignon bas. Le reste de sa chevelure descendant en de longues boucles dans ses reins, quelques mèches restantes devant son visage étaient parfaitement mises. Quand on lui apporta le diadème, Constance comprit enfin ce qui allait se passer. Elle n'était plus une enfant mais bel et bien une femme, avec des obligations, et le plus grand serait celui de prendre soin de son peuple. La couronne de fer blanc représentait du lierre et des papillons. Elle était épaisse et faisait le tour de son crâne. On la lui posa avec tout le cérémonial qu'il fallait sur sa tête. Deux arcs de la couronne venaient se mettre respectivement derrière ses deux oreilles. Une pointe à l'arrière où étaient logés deux saphirs vint se glisser dans le mini chignon et des chaînes pendantes garnies de saphirs partant des oreilles et rejoignant la pointe finissaient d'habiller sa coiffure complexe.
Elle allait être Reine.
 
Elle se fixa longuement dans le miroir. Regardant chaque détail. Tout était parfait, rien ne dépassait, rien n'était... imparfait.
 
Constance poussa un long soupir. Toutes descendirent les marches et se retrouvèrent devant le magnifique carrosse royal, d'or et de blanc.
Constance monta dedans, suivie de Juliette et d'Abigaëlle.
 
Les rues étaient vides. Tous étaient en train d'attendre la future mariée devant la cathédrale.
 
Le trajet fut horriblement long et court à la fois. Le c½ur de Constance battait si vite qu'elle crut s'évanouir en voyant le monde devant la cathédrale. Son frère l'attendait, habillé d'un magnifique costume gris. Il était beau comme le Nord.
 
Abigaëlle descendit en premier, suivie de Juliette, puis de Constance qui se fit aider par son frère.
 
« Tu es belle comme une rose du Nord.
- Tu es beau comme le jour, mon frère. »
 
Pierre, pour la première fois depuis longtemps, prit la jeune femme dans ses bras avec une force et un amour que Constance ne lui connaissait pas.
 
« Je t'aime, Constance. Tu pourras toujours compter sur moi.
- Je t'aime également, Pierre. »
Tous deux se fixèrent longuement avant d'avancer vers la cathédrale. Les portes s'ouvrirent sur elle. Au fond de la salle se trouvait, droit comme un i, Robert. Nerveux et habillé de blanc, il était beau comme un dieu des anciennes religions.
 
« Que Dieu me pardonne pour ce que je vais dire, mais... Par tous les Enfers, il est magnifique...
- Je pense que Dieu peut te pardonner. »
 
Constance sourit et, au bras de son frère, ils avancèrent doucement, au rythme de l'orgue. Tous la regardaient ; les femmes émerveillées, les hommes désireux.
Ils avançaient et Constance sentait ses jambes devenir du coton. Ce si court trajet lui sembla durer une éternité. Quand ils arrivèrent enfin en face de Robert, elle n'osa le regarder dans les yeux et concentra plutôt son regard dans celui d'Eric, au premier rang aux côtés de Louis et Juliette.
Elle sentit la main de son frère partir... Celle de Robert la remplaça et ce fut la voix du prêtre qui la ramena à la réalité. Elle se mariait. Elle allait être sienne pour de bon.
Si Dieu le voulait. Si le Diable n'y voyait aucun inconvénient, elle serait sa femme, sa Reine.
 
Lecture Biblique, Psaume, Évangile... Tout était affreusement long pour Constance. Elle n'osait regarder Robert dans les yeux et fixait sa bouche à la place.
Elle se perdit alors dans ses pensées, une bulle se forma autour d'elle et elle n'entendit plus rien, seules les lèvres de l'homme en face d'elle comptaient.
Soudain, la main de Robert se resserra en une pulsion ferme mais courte autour de la sienne, ce qui la ramena sans aucune difficulté à la réalité. La voix du prêtre s'éleva dans la salle et Constance commença à suffoquer. C'était le moment...
 
« Robert Henry Thomas de Parni, voulez-vous prendre comme épouse Constance Élisabeth Anne de Vyris et promettez-vous de lui rester fidèle, dans le bonheur ou dans les épreuves, dans la santé comme dans la maladie, pour l'aimer tous les jours de votre vie ?
- Oui, je le veux. »
 
La voix de Robert était chaude et sensuelle mais elle n'osait toujours pas le regarder dans les yeux.
 
« Constance Élisabeth Anne de Vyris, voulez-vous prendre comme époux Robert Henry Thomas de Parni et promettez-vous de lui rester fidèle, dans le bonheur ou dans les épreuves, dans la santé comme dans la maladie, pour l'aimer tous les jours de votre vie ?
- ... Je... »
 
Sa réponse se coinça dans sa gorge et, tandis qu'elle voulait répondre, elle n'y parvint pas. Tous la fixaient et elle commençait à transpirer. Des gouttes de sueur froides descendaient le long de sa colonne vertébrale et elle avait terriblement peur. Dire oui ? Dire non ? Et si elle disait non, que se passerait-il ? Et si elle disait oui... Elle devrait vivre avec Robert toute sa vie... Toute sa vie avec lui...
Ce fut à ce moment précis que son regard de glace rencontra celui de feu de son fiancé. Et ce fut à ce moment qu'elle comprit, que tous ses souvenirs lui revinrent en mémoire... De leur rencontre cocasse à leur dernière danse.
 
« Oui, je le veux. »
 
Robert sourit. Il se mit à sourire tel un enfant... L'évêque se fit remettre deux alliances sur lesquelles étaient gravés du lierre, symbole du Nord, et un griffon, symbole du Sud.
 
« La réussite de votre amour ne dépend pas de rites, de paroles et de gestes. La remise de vos alliances est un geste émouvant et plein de sens mais il ne dure qu'un instant. La véritable alliance des c½urs, elle est de tous les jours. Seigneur, daigne bénir ces alliances et garder les jeunes époux dans l'amour et la fidélité. »
 
Robert prit le premier anneau et, tout le passant au doigt de Constance, il prononça la phrase emblématique.
 
« Constance, je te donne cette alliance, signe de notre amour et de ma fidélité.
- Robert, je te donne cette... alliance, signe...
- Mademoiselle Constance ?
- Signe de notre amour et de ma fidélité. »
 
Des cantiques résonnèrent dans l'église, des papiers furent signés... Et tous sortirent, les mariés en dernier. Le riz porte-bonheur fut lancé sur eux et, sans que Constance ne comprenne, elle se retrouva dans les bras de son époux puis sur le dos de Ténèbres, Robert derrière elle. Et tout deux partirent au galop en direction du palais royal.
Constance entendait les hurlements des jeunes hommes et cela la fit sourire. Elle était sienne.
 
Quand ils arrivèrent au palais, elle descendit avec grâce de l'étalon et ils coururent dans les dédales de couloirs jusqu'à la salle de bal. Une table de banquet était dressée, les musiciens étaient déjà là et bientôt la salle se remplit de personnes aussi importantes les unes que les autres. La fête battait son plein et Constance ne pouvait s'arrêter de danser. La joie régnait en ce jour de fin d'été. La joie et l'inconscience.
 
La fête dura ainsi jusqu'à tard dans la nuit. Et quand ce fut l'heure du coucher, tous furent déçus que Robert en interdise la cérémonie.
Constance était assise sur un fauteuil de velours et semblait souffrante, elle avait bu trop de vin et celui-ci lui montait à la tête.
 
« Voulez-vous bien me suivre, ma femme ?
- Je... je crois que je ne suis pas en mesure de... Robert ! ROBERT ! Lâchez-moi !!! »
 
Sans attendre un mot de plus de sa femme, Robert l'avait prise sur son épaule tel un sac de farine et était parti sous les exclamations indignées des dames et les cris de sauvage des hommes.
Il gravit les escaliers quatre à quatre et arriva à sa chambre. Il posa ensuite la jeune femme et là... Le temps se stoppa avec lourdeur et tous deux se fixaient.
L'effet du vin sur la nouvelle femme du Roi était parti aussi vite qu'il était arrivé.
 
Constance se trouvait là, au milieu de la chambre de son nouvel époux, son c½ur battant à tout rompre. Elle attendait. Il avait ordonné qu'il n'y ait aucune cérémonie du coucher et qu'il voulait le plus d'intimité possible avec sa femme. Il venait de verrouiller la porte ; elle entendit le verrou cliqueter.
Elle se tenait alors là, sa robe blanche, sa coiffure parfaite, même ses bijoux étaient parfaitement en place. Elle n'eut le temps que d'enlever ce diadème lourd qu'il arriva, déjà torse nu, couvert d'eau.
 
« Il faudra que j'apprenne à Charles et Louis que me jeter de l'eau à la figure n'est pas la meilleure façon de me dire bonne nuit. »
 
Constance ne put s'empêcher de rire et ne remarqua pas l'avancée de Robert, qui se retrouva contre son dos, son érection parfaitement perceptible. Elle le sentait contre ses fesses et frémit. Elle avait redouté ce moment avec dégoût, puis attendu avec ferveur et il était là...
 
« Aimes-tu cette robe ? »
 
Sa voix était horriblement chaude et un frisson parcourut Constance tandis que le souffle chaud de Robert venait caresser son cou.
 
« Non. Elle est trop... simple. »
 
Robert esquissa un sourire, sortit un couteau de sa poche et coupa le corset, faisant tomber à ses pieds la robe de mariée de Constance, qui prit une grande inspiration de soulagement. Elle se retourna alors face à lui, nue comme Eve. Il l'embrassa avec passion avant qu'elle ne s'allonge sur le lit, offerte à lui, suivie de près par son mari et amant.
Tous deux se fixaient et il se plaça au-dessus d'elle tout en échangeant des baisers passionnés. Puis échangeant leur place elle vint sur lui et ainsi de suite ils cherchèrent tous deux à savoir qui dompterait l'autre. Ce fut quand Robert enleva le dernier de ses vêtements que Constance se laissa faire et s'abandonna complètement à ses caresses et ses baisers charnels.
Robert fit monter en elle des sensations qu'elle n'aurait jamais imaginé ressentir.
 
« Je vous désire depuis tant de temps...
- Chut, ne parle pas. Je t'en supplie, ma Princesse... ne parle pas. »
 
Constance sentait la voix de Robert trembler... D'un désir presque meurtrier.
 
« Que...
- Parle encore et je ne me contrôlerai plus. »
 
Constance sourit alors et passa sa main dans les cheveux grisonnants de son époux. Celui-ci se présenta à l'entrée de son con.
 
« Griffe et mords, si cela peut te soulager. »
 
Il rentra vigoureusement en elle mais elle ne ressentit pas une douleur effroyable telle que lui avaient raconté les dames du Nord ou de la cour. Juste une gêne. Une gêne simple et un filet chaud parcourir ses cuisses.
 
Les va-et-vient du début ne furent pas fort agréables, il est vrai... Mais ils le devinrent bien vite et Constance ne put retenir des bruits de bien-être qui firent accélérer la cadence.
 
Cadence qui désarma complètement la jeune femme... Elle ne pouvait bouger et s'agrippait tel un félin aux épaules de son époux, laissant des traces sanglantes sur son passage.
Elle comprit pourquoi cet acte faisait tourner le monde et rendait fous les êtres y gouttant. Pourquoi il était puni de Dieu et convoité par le Diable. Elle comprit pourquoi Eve avait croqué la Pomme.
C'était un sombre plaisir qui aurait pu rendre fou le meilleur des évêques.
Et c'était encore meilleur, elle en était certaine, avec la personne que l'on aime.

 
[...]
 
Constance ouvrit ses yeux avec beaucoup de difficulté. Son corps lui semblait si léger. Elle était sur Robert, et elle le sentait caresser son dos du bout des doigts. Elle entendait des musiques festives par la fenêtre ouverte et elle ne put s'empêcher de sourire.
 
« Vous émergez enfin, ma douce ?
- Quelle heure est-il ?
- Un peu plus de midi, je crois.
- Si tard ?
- Oh oui...
- Vous me manquiez, dans mon rêve... »
 
Robert sourit tandis que Constance se levait et se mettait debout.
 
« Quel jour sommes-nous ?
- Le lendemain de notre mariage. »
 
Constance sourit tandis que Robert s'approchait d'elle. Il l'embrassa avec passion dans le cou, ce qui la fit frissonner de désir.
 
« Je vous aime comme un fou, Constance.
- Je vous aime aussi, Robert. »
 
Elle sentit son sourire se dessiner contre la peau de son cou et elle ferma les yeux, s'abandonnant à ses caresses une nouvelle fois.
 
« J'ai tellement hâte de vous poser une couronne sur la tête... »
 
Constance sourit et se retourna vers son époux.
 
« Je n'ai rien d'une reine, pourtant.
- Vous avez tout d'une reine, Constance.
- Ah oui ?
- Vous êtes belle, autoritaire, charmante, gracieuse et moderne.
- Et vous, vous êtes beau, autoritaire, charmeur... fort...
- Je ne suis plus un vieil homme laid, alcoolique et pervers ?
- Je pense que pervers vous va encore à ravir. »
 
Tout en parlant, les doigts de Constance glissaient sur le torse poilu de Robert. Elle voyait bien le sexe de son mari en érection et cela la faisait sourire. Elle voulait le rendre fou et goûter à nouveau à ce plaisir diabolique.
Et cela n'y manqua point.
Robert la jeta sur le lit et lui grimpa dessus, dévorant chaque parcelle de sa peau et, portant ses deux jambes sur ses épaules, il la prit ainsi, embrassant ses mollets et la pénétrant au plus profond d'elle.








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