Insoumise Tome 1. Chapitre 5

Chapitre 5.
 
Elle se préparait pour le bal de ce soir, fêtant l'arrivée du prince du Nord. Un bal ne serait pas donné pour chaque arrivant au château pour le mariage royal, mais il était le prince du Nord, et le frère de la future mariée, alors le Roi devait donner un bal, telle était l'étiquette.
 
Juliette n'était pas là, et cela inquiétait horriblement Constance. Juliette n'était pas là non plus quand Pierre était arrivé, ni quand on lui prépara son bain. Normalement elle était là, elle lui tenait compagnie.
 
Soudain, une porte s'ouvrit et Constance ne prit pas la peine d'ouvrir les yeux, se doutant que c'était une servante.
Mais les pas n'étaient pas délicats et silencieux, ils étaient bruyants et forts.
L'odeur pestilentielle de cheval et de transpiration atteignit ses narines et la peur envahit alors son esprit. Son c½ur s'accéléra et un goût étrange lui emplit la bouche. L'angoisse montait...
Une main vint caresser sa chevelure mouillée et descendit dans sa nuque puis sur son sein. Elle était chaude, habile... Les caresses la détendirent, sans qu'elle ne comprenne ; son corps avait-il reconnu cet intrus ?
Elle ouvrit alors les yeux et tomba nez à nez avec un regard noisette.
 
« Je... »
 
Il plaqua un doigt contre sa bouche et déposa un doux baiser sur son front. Sous le regard pénétrant de Constance, il se déshabilla, laissant tomber ses vieux vêtements d'équitation. Il avait fermé les deux portes de la chambre. Ils étaient seuls et personne ne viendrait les espionner ou les déranger. Il se glissa dans l'eau brûlante avec la jeune femme et elle frissonna au contact de sa peau froide contre la sienne, brûlante.
 
Elle se laissa aller contre lui et il ne fit aucun geste déplacé. Il ne la toucha en aucune façon mis à part sur son ventre plat. Il laissait couler l'eau sur elle et tout devenait horriblement sensuel : l'éponge venant caresser sa jambe, l'eau se versant sur son ventre, et les baisers dans le cou lui faisaient monter son plaisir.
 
Au bout de ce qui sembla une bonne heure à Constance, ils sortirent de ce bain devenu froid et il la poussa dans le magnifique lit de draps blancs.
Il l'embrassa, encore et encore dans son cou, sur ses joues, sur son front. Chaque baiser était de plus en plus ardent...
 
« Vous êtes mienne. »
Et cette phrase eut l'effet d'un bien-être inconnu encore pour elle, dans son ventre. Elle était sienne. Mais cette phrase ne lui posait plus problème, loin de là, elle venait de ressentir ce plaisir fou.
Ce plaisir fou quand l'être qu'on aime vous le dit...
 
Robert se releva et enfila un pantalon de cuir noir. Avait-il des affaires ici ? Elle n'en savait rien, mais elle était hypnotisée. Il enfila sa chemise blanche large et ne la ferma point. Il remit ses bottes et fixa longuement la jeune femme avant de sortir de la pièce, un sourire narquois aux lèvres.
 
« Ô par Dieu, j'ai compris...
- Constance, je vous ai déjà dit de ne pas jurer ainsi. Relevez-vous.
- Que... ? Juliette ! Enfin te voilà ! Où étais-tu donc passée, bon sang !
- Chut, Constance, laisse-moi te raconter, mais je t'en prie, tais-toi. Les murs ont des oreilles... »
 
C'était cela... Cette chose-ci qu'elle n'arriverait jamais à comprendre... A s'habituer...
Les murs ont des oreilles...
 
Constance prit une robe de bal dans l'armoire.
 
« Il faut faire honneur à votre frère. La tenue sera donc digne des couleurs du Nord. »
 
Et tout en parlant, Juliette sortait une magnifique robe ivoire du coffre.
 
« Elle est magnifique...
- Elle appartenait à votre mère.
- Ô je le sais, Juliette, je la reconnaîtrais entre mille... »
 
La robe était d'une simplicité déconcertante. Elle n'avait aucune décoration, les jupons étaient de soie et le bustier de satin. Les manches tombaient des épaules et la couleur était un blanc ivoire très sophistiqué. Cette robe faisait ressortir les yeux bleus de Constance et son teint pâle. Elle était magnifique et très légère.
 
La parure de bijoux l'accompagnant était du diamant, le pendentif en forme de goutte plongeait dans le décolleté et finissait le travail de la sophistication de la robe.
 
Juliette avait simplement natté des deux côtés de sa tête des mèches de cheveux comme de la dentelle et une autre mèche partait du haut de son crâne et fut nattée comme un épi de blé.
 
Et ce fut la touche finale qu'apporta Constance avec son diadème. Il avait des spirales, des feuilles d'argent, des petites fleurs en quartz et au milieu reposait une pierre de lune.
 
« Tu es parfaite, Constance.
- Où étais-tu ? »
 
Juliette s'assit en face de sa meilleure amie et ouvrit plusieurs fois la bouche sans qu'aucun son n'en sorte pour la refermer ensuite.
 
« Je... Avec Louis, dans l'armurerie... »
 
Constance écarquilla les yeux.
 
« On n'a rien fait, bien entendu. A part... S'embrasser.
- Vous êtes amoureux ?
- Oui... Il attend de devenir chevalier pour te demander ma main.
- Quoi ? Pourquoi à moi ?
- Je suis ta dame de compagnie. Tu seras Reine, ce sera à toi et au Roi d'accepter la demande.
- Je comprends... »
 
On frappa au même moment à la porte et les deux femmes écarquillèrent les yeux.
 
« Entrez. »
 
La voix de Constance était d'une froideur méconnue, c'était Abigaëlle qui lui avait enseigné cela. Ne jamais laisser apparaître d'émotion dans sa voix.
 
« Princesse ?
- Ô c'est toi, Eric...
- Je sens le soula...
- ... Eric !! »
 
Juliette se leva de son siège qui tomba au sol, et courut dans les bras du jeune homme.
 
« Eric ! Mon ami !! »
Eric enlaça fortement Juliette tandis que Constance se levait.
 
« Le Nord est réuni dans le Sud, à ce que je vois.
- Tu as fait bon voyage ?
- Excellent, Juliette, je venais chercher Constance pour le... Tu...
- Je ?
- Tu es parfaite, Constance...
- Je te remercie. »
 
Eric fit une révérence maladroite tandis que Juliette riait.
 
« Je dois vous laisser, Constance, je dois aller me préparer moi aussi ; je suis en service ce soir.
- Bonne soirée, Juliette. »
 
Juliette fit sa révérence avec autant de grâce qu'une femme de son rang et disparut dans sa chambre.
Eric tendit quant à lui sa main gantée de blanc à la jeune femme.
 
« Votre Altesse veut-elle bien me suivre ?
- Ne commence pas avec tous ces titres qui ne sont encore miens.
- Dans deux semaines ils le seront.
- Dans deux semaines je serai enchaînée ici à jamais.
- Dans deux semaines tu seras la femme la plus puissante du Royaume. »
 
Constance sourit tandis qu'ils avançaient dans les couloirs. Ils descendirent les escaliers de pierre, le hall, et ils arrivèrent dans cette magnifique salle aux couleurs vives et au parquet brillant. Une table immense était dressée et, sans aucun mal, elle vit son fiancé debout, discutant avec ferveur avec son frère, le duc de Parni.
 
« Dois-je aller vers eux ou vers mon frère ?
- Vu la tête de votre fiancé, vous feriez mieux d'aller le sauver de cette discussion, Pierre peut vous attendre encore quelques instants.
- Tu me vouvoies ?
- En public, votre Majesté doit l'être. »
 
Constance lança un regard plein de tendresse à Eric avant de partir vers son futur époux. Elle gravit les deux marches donnant accès à la table royale et glissa son bras autour de celui du Roi, faisant écarquiller les yeux aux deux hommes.
 
« Puis-je savoir quelle discussion vous anime autant, mes chers messieurs ?
- Ce n'est point un sujet de femme, Princesse.
- Un sujet d'homme, duc de Parni ? Très bien. Dois-je vous rappeler que je suis votre future souveraine et que j'ai autant de droits que Robert sur le Royaume ?
- Quel mensonge...
- C'est cela une alliance, mon Seigneur. En me mariant à Robert, vous avez fait une alliance avec le Nord sauvage que nous sommes. Alors, mon cher amour, quel est donc ce sujet ?
- Je...
- Robert ! Ce n'est qu'une femme...
- L'Empire de Stotch déclare la guerre à celui de Zoya. Nous devons prêter main forte à l'Empire de Zoya, bien entendu. Mais...
- Si nous leur donnons tous nos hommes, nous n'aurons plus de quoi nous protéger nous. »
 
La voix de Constance était devenue encore plus froide et son regard vitreux ; elle réfléchissait.
 
« Combien d'hommes vous demande-t-il ?
- Tous. Il me demande tous mes hommes en âge de se battre et qui savent manier une arme.
- Connait-il votre nouvelle alliance avec le Nord ?
- Notre alliance avec le Nord... Vous n'êtes que des idiots qui avez pris votre « indépendance » à la couronne il y a un siècle.
- Nous sommes devenus un pays indépendant. Pendant que vous ramiez à nourrir tout le monde lors des sécheresses ou des grands froids, nous vivions considérablement bien, dans le Nord. Et j'espère que malgré notre alliance cela continuera. Vous savez, duc de Parni, avec nos flottes et nos hommes nous aurions pu vous écraser.
- Oh ! Alors si vous êtes si puissante, Princesse Constance, comment expliquez-vous le fait que votre frère vous ait donnée telle une jument à notre Roi ?
- Il suffit ! »
 
La voix de Robert venait de gronder comme le tonnerre. Constance était rouge de frustration mais aussi de dégoût. Damien de Parni venait de lui planter un poignard dans le c½ur. Il venait de lui rappeler la vérité, il venait de la lui mettre en pleine face, cette vérité si douloureuse qu'elle essayait d'oublier. Cet homme avait une langue de serpent plus coupante qu'un couteau parfaitement aiguisé. On l'avait vendue telle une jument à cet homme dont elle tenait le bras.
 
« Je vous laisse. »
 
Constance descendit les escaliers avec sa grâce fascinante et sortit de la salle des fêtes pour gagner le petit salon rouge. Là discutaient Olympe et Justine, d'ouvrage et d'autres affaires insignifiantes. Les deux femmes écarquillèrent les yeux en voyant Constance débouler dans le petit salon. Elle se laissa tomber sur une chaise de velours rouge, cacha son visage dans ses mains moites et de lourds sanglots s'emparèrent de son corps.
 
« Constance ? Mais que vous arrive-t-il ? »
 
La voix d'Olympe était douce et réconfortante, mais ce pique d'inquiétude qu'avait sa voix ne fit que rappeler à Constance ce pourquoi elle pleurait.
 
« Pourquoi pleures-tu, mon amie ? »
 
Ses pleures redoublèrent et, au même moment, la porte du petit salon s'ouvrit. Elle entendit les deux femmes se relever et partir à la hâte. Elle savait qui c'était et pourquoi ses deux amies étaient parties ainsi.
D'un pas lourd, il s'avança jusqu'à elle. Il tira une chaise et s'assit dessus.
 
« Pourquoi pleurez-vous ? »
 
Sa voix chaude et suave était tremblante, avait-il peur de la vérité autant qu'elle ?
Elle leva son visage ; ses yeux devaient être rouges et son visage massacré par les larmes mais elle se fichait de son apparence, elle voulait qu'il voie la souffrance que venait de faire réapparaître le duc de Parni.
Il était là, le dossier de la chaise entre ses bras forts. Il n'avait rien d'un Roi à ce moment précis, il ressemblait plus à son père, quand il voulait savoir qui de Pierre ou elle avait fait une bêtise.
 
« Pourquoi pleurez-vous ?
- Car la vérité fait horriblement mal...
- Quelle est la vérité ?
- Je ne vous ai point choisi pour époux.
- Il est vrai. Est-ce pour ça que vous pleurez ? Pour cette vérité que nous connaissons tous ?
- Non. »
 
Ce mot venait de sortir de sa bouche comme une évidence, alors qu'elle-même n'en savait la raison.
 
« Alors pourquoi pleurez-vous, Constance ?
- Je...
- Parlez. »
 
Son regard noisette aurait pu transpercer n'importe quelle âme. Il était beau, terriblement beau... Le dégoût qu'elle avait ressenti tout d'abord pour lui était devenu de l'amitié, cette amitié devenant un désir profond. Maintenant il n'était plus rien de tout cela, elle commençait à l'aimer. Elle le sentait au fond de son être, qu'elle l'aimait. Mais pas d'un amour passionné comme le racontaient les poètes et les troubadours, non, ce n'était pas un amour passionnel, mais un amour naissant, doux et fragile...
 
Elle ravala sa salive tandis que Robert continuait de la fixer. Elle stressait horriblement mais elle se releva. Se mettant dos à lui, elle le sentit se lever à son tour.
Il était dangereusement proche.
 
« Vous me dégoûtiez, au début. Je ne vous aimais pas. Je vous haïssais de tout mon être, à vrai dire.
- Si vous voulez me dire que vous préférez retourner avec votre frère dans le Nord...
- ... Taisez-vous et écoutez-moi, je vous en prie.
- Je...
- ... S'il vous plaît. »
 
Robert se tut et elle se retourna, plantant son regard gelé dans celui, brûlant, de Robert.
 
« Puis j'ai ressenti de la compassion pour vous. Vous êtes un homme avide de connaissances et bon pour votre peuple, plusieurs de vos décisions me l'ont fait comprendre.
... Une amitié est née entre nous. Nous le savons tous deux. Mais...
Cette amitié s'est... très vite transformée en désir, pour ma part. Un désir ardent... Un désir fou pour vous...
- Je ne suis que cela, pour vous ? Un fantasme ? »
 
Constance s'approcha alors de son futur époux, sa main vint se poser avec maladresse sur sa joue, les larmes perlaient aux coins de ses yeux et elle déposa un baiser tendre sur les lèvres de Robert, qui ne sut quoi faire en retour de ce geste plein d'affection.
 
« Où voulez-vous en venir, Constance ? Je vous en prie, arrêtez cette torture...
- Je... Ce n'est pas passionnel, mais je tombe amoureuse de vous, Robert, au fil des jours vous prenez une place de plus en plus importante dans mon c½ur. Je ne me sens plus emprisonnée ici, je me sens bien, ici, à vos côtés. »
 
Robert ne répondit rien, il posa simplement ses mains sur les hanches de sa future femme et l'attira contre lui.
 
« Je vous aime, Robert. »
 
Il ne répondit rien, mais Constance sentit quelque chose d'humide dans ses cheveux ; il pleurait pour elle.
Elle enfouit alors son visage dans son torse et ne bougea plus, restant ainsi et profitant du moment présent.
 
[...]
 
Tout le monde tapait dans ses mains et on riait tandis que la musique résonnait dans la salle du trône. Tambourin, lyre et même flûte jouaient des airs joyeux tandis que bras dessus et dessous, hommes et femmes dansaient.
 
Robert et Constance étaient assis à la table royale. A la droite de Robert, Constance, et à sa gauche Pierre, Pierre qui avait à sa propre gauche Damien de Parni.
 
Soudain, Eric s'avança à la table royale et fixa le Roi, qui riait.
 
« Votre Majesté, puis-je vous emprunter la princesse Constance pour une danse ?
- C'est avec elle qu'il faut voir. »
 
Le sourire bienveillant de Robert fit se détendre immédiatement Eric, qui se tourna vers Constance tout en lui tendant la main.
 
« Mademoiselle de Vyris ?
- Avec plaisir, Eric. »
 
Elle se leva et prit la main de son meilleur ami avant de le suivre sur le parquet de la salle de bal.
 
« Vous la laissez danser avec un chevalier ?
- Elle a bien le droit de s'amuser, mon ami. Et je fais confiance à votre chevalier.
- Bien. »
 
Pierre continua de fixer sa s½ur et se leva à son tour.
 
« Duc de Parni, j'espère que vous ne verrez aucune objection à ce que j'invite votre fille à danser ?
- Aucune, mon Prince. »
 
Pierre sourit et partit prendre en otage la belle enfant.
 
Violon et percussions, cornemuse et lyre commencèrent à jouer sur un rythme spectaculaire du Nord et seuls les Nordiens dansaient ; les Sudistes renonçant, déjà exténués. Pierre entraîna tout de même la belle enfant dans sa danse.
 
Robert regardait avec envie la jeune princesse du Nord et l'observait dans ses mouvements précis et gracieux. Tournoyer à gauche, à droite, des mouvements de jambes et de bras rapides, des sauts... Tout était si épuisant rien qu'à regarder, mais les rires emplissaient la salle et la future Reine avait l'air comblée.
 
Quand la musique se stoppa, tous paraissaient essoufflés mais deux jeunes servantes du Nord arrivèrent alors avec des « voiles » de couleurs différentes. Constance frappa dans ses mains en les voyant et en prit des blancs immaculés. Elle s'avança vers son frère, celui-ci la prenant par la taille comme une proie.
 
Une musique de percussions commença, lente et sensuelle. Les femmes commençaient à tourner autour des hommes, les voiles s'agitant autour d'elles. Elles marchaient avec sensualité et, quand les autres instruments rejoignirent la musique, les hommes commencèrent eux aussi à tournoyer, se cherchant et s'apprivoisant. Ils tournaient, les femmes agitant toujours avec magnificence leurs voiles.
 
« Quelle grossièreté !
- Damien, ouvre-toi ! C'est... sensuel.
- C'est grotesque.
- C'est parfait. »
 
Quand la musique se termina, les voiles tombèrent par terre. Les femmes touchaient presque le sol avec leurs têtes ; leur souplesse était visible. Les hommes, eux, étaient penchés sur elles et leurs têtes étaient à quelques centimètres à peine de leurs seins.
 
Robert se leva et commença à applaudir, suivi de toute la cour.
 
Constance redonna les voiles à l'une des servantes et rejoignit son fiancé.
 
« Voulez-vous bien venir danser cette valse avec moi ?
- Si cela peut vous faire plaisir. »
Robert prit le bras de sa future épouse et tous deux s'avancèrent au milieu de la piste. Le clavecin et les violons résonnèrent et tout le monde laissa le Roi et sa fiancée ouvrir la danse. Une fois la main de Robert sur la hanche de Constance, ils commencèrent. Un pas en avant, un pas en arrière, un pas en avant, tourner...
 
« Charles, regarde, mon amour.
- Que vois-tu, Olympe ?
- Ils se dévorent du regard... »
 
Et c'était vrai, malgré les tourbillons et les changements de bras, leurs yeux ne se quittaient presque pas. Tous deux se dévoraient du regard et un sourire resplendissant ne quittait pas leurs lèvres.
 
Leurs mains ne se touchant toujours pas, il leva son bras une fois, deux fois, trois fois puis la fit tourner sur elle-même, toujours leur regard planté l'un dans l'autre.
 
Leurs mains se rejoignirent enfin, plaquées l'une contre l'autre, coude contre coude... Robert donna une petit impulsion et Constance se laissa tourner à trois pas de lui avant de le rejoindre et de remettre sa main contre sa joue piquante.
 
Ils continuèrent ainsi leur jeu de séduction, hypnotisant toute la cour avec eux. Puis ils se collèrent l'un a l'autre, et ce fut le rapprochement de trop qui fit rougir vivement Constance.
Elle s'abandonna à son fiancé et se laissa guider pas à pas par lui et, bientôt, dos contre torse, elle sentit son souffle chaud dans son cou. Cette danse allait la faire flancher.
 
« Faut-il juste une danse pour que je sois folle amoureuse de vous ? »
 
Son murmure était à peine audible mais Robert l'entendit et répondit.
 
« Je l'espère. »
 
Face à face et tournoyant, tous deux paraissaient être dans un autre monde. Certains étaient obligés de reculer s'ils ne voulaient pas faire tomber le couple heureux. Le bonheur émanait d'eux et cela aurait pu faire sourire le c½ur le plus froid du monde entier.
 
A chaque porter la faisant changer de sens, elle riait aux éclats et lui souriait comme jamais il n'avait souri depuis la mort de sa femme.
Quand il la porta une dernière fois, la faisant faire un tour complet, elle éclata de rire, et quand elle redescendit, tout contre lui, leurs bouches se frôlant, le regard plein de désir comme au début de leur danse, il la fit basculer en arrière, sa tête frôlant presque le sol.
La remontant avec grâce, cette fois leurs bouches se collèrent pendant un court instant, en un baiser chaste.
 
« Merci... »
 
Robert ferma les yeux devant son remerciement et tous se quittèrent, un sourire aux lèvres. Personne n'avait osé les rejoindre mais tous les applaudirent.
La légende de Constance commençait.






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