Insoumise Tome 1_Chapitre 2

Merci à ma correctrice Black-Plume


Chapitre 2
 
Tous deux couraient dans les couloirs somptueux du château, l'un fuyant l'autre. Elle était essoufflée et ne retrouvait pas son chemin. Désespérée, la princesse Constance se laissa glisser le long du mur de tapisseries rouge et or et commença à pleurer. Pleurer d'humiliation et à la fois de frustration. Il était divin et elle n'avait pas su le voir.
 
Des pas se firent entendre et elle reconnut immédiatement l'odeur virile du Roi. Quand elle releva son regard, il est assis, face à elle, tel un père face à sa fille.
 
« Vous pourriez être mon père.
- Mais je ne le suis pas.
- Je... je me suis totalement trompée sur vous.
- D'une certaine manière, moi aussi.
- Je ne suis qu'une idiote.
- Non, vous êtes ma future femme.
- Je ne veux pas l'être.
- Je le sais que trop bien.
- Alors pourquoi ?
- Car je vous aime, Constance. Aujourd'hui je peux le dire, je vous aime. Vous êtes d'une beauté divine, d'une grâce déconcertante et d'une naïveté doucereuse.
- ... Je ne vous aime pas...
- Alors apprenez à m'aimer, Constance, je ne vous décevrai pas. Je ne vous tromperai pas. Je vous aimerai, vous couvrirai de cadeaux et vous serez une Reine fière.
- Ô comme j'aimerais croire que tout cela suffise à vous aimer... »
 
Robert se releva. Il était grand, droit et fort ; n'importe quelle femme succomberait à ses charmes divins, elle en était certaine.
 
« Permettez-moi de vous raccompagner à vos appartements, Mademoiselle. Demain il y aura un grand tournoi. Je veux que vous soyez en forme pour celui-ci.
- J'imagine que vous n'y participerez point...
- Bien sûr que si. »
 
Constance resta surprise un instant avant de sourire ; cet homme était plein de mystères. Leur promenade nocturne fut courte et silencieuse, mais pour le moins agréable. Constance se sentait bien. Pour la première fois depuis son départ du Nord, elle se sentait en sécurité.
 
« Vous êtes une beauté du Nord.
- Et vous, vous avez le charme du Sud.
- Dois-je comprendre que je n'ai point les allures d'un vieil ivrogne ?
- Comprenez ce qui vous semble, votre Sainteté.
- Passez une agréable nuit, Princesse. A demain. »
 
Quand Constance eut refermé la porte, elle sourit niaisement tout en se regardant dans le miroir de sa coiffeuse. Cet homme était d'un franc parler incroyable et sa beauté n'était pas commune, elle était mûre.
Des domestiques débarquèrent dans la chambre vêtir la jeune Princesse de sa robe de chambre, défirent sa coiffure et brossèrent longuement ses cheveux avant de la laisser se coucher et s'endormir, sans qu'elle ne sache que dans la chambre de Juliette, par l'entrebâillement de la porte, un homme avait regardé toute la scène, de ses courbes délicieuses à sa chemise de nuit si courte épousant parfaitement ses formes.
 
[...]
 
Il embrassait chaque parcelle de sa peau comme si cela permettrait d'éteindre le feu qui envahissait sa chair, il embrassait de plus en plus bas jusqu'à atteindre cet endroit interdit où des boucles blondes avaient surgi depuis bientôt trois ans.
Il embrassait son corps de pucelle et lécha cet endroit rempli de pêchés pour les curés.
Elle glissait ses mains dans ses cheveux poivre et sel, elle gémissait, la bouche en c½ur, et s'agrippait aux draps comme elle le pouvait, le plaisir était si intense, si bon, si brûlant...
 
[...]
 
Constance se releva d'un coup, pleine de sueur et avec cette sensation de plaisir encore présente dans tout son être. Elle se leva de son lit, les jambes tremblantes et le souffle court. Elle avait l'impression que des milliers de petites flammes lui léchaient le corps et elle voyait encore de temps à autres des flashs devant les yeux.
 
« Bon sang... »
 
Constance revêtit une robe de chambre de satin jaune. Elle sortit de sa chambre, un chandelier dans la main et avança non pas vers le côté Est mais Ouest du château. Le soleil commençait à peine à se lever et elle se sentait mal. Elle avait besoin de sortir ce rêve de pécheresse de son esprit.
Elle marchait dans les couloirs quand soudain, un bruit d'eau attira son attention. Elle le suivit alors, marchant pendant ce qui lui semblait être une trentaine de minutes.
 
Elle arriva finalement dans un parc intérieur, c'était petit et beau. Une fontaine de pierres blanches trônait en son milieu et de partout, Constance pouvait admirer fleurs et buissons venant des quatre coins du monde... Tout lui paraissait magnifique et elle se sentait bien ici. Elle avait trouvé son endroit de ressource.
Mais bientôt elle entendit l'agitation qui commençait pour le tournoi, emplissant à nouveau de vie le château. Alors la jeune Princesse retourna à sa chambre sans bruit, là où l'attendait avec inquiétude Juliette.
 
« Constance ! Où étiez-vous ?! J'étais morte d'inquiétude !
- Juliette, mon amie, ne t'inquiète plus, je suis là.
- Vous avez l'air ressourcée.
- Je le suis, le bruit de l'eau est une grande source de repos, ma chère. »
 
Juliette sourit à sa chère amie et aida la jeune femme à s'habiller d'une robe de velours bleu nuit avec une ceinture de tresse argentée. Les manches glissaient sur ses fins bras blancs et ses cheveux blonds furent coiffés en un chignon magnifiquement bouclé et une couronne de nattes surplombait le milieu du haut de son crâne, dans laquelle de magnifiques fleurs blanches et rose pâle étaient glissées. Aucun bijou n'avait été mis, rien d'artificiel sur sa peau, juste la pureté de son visage de jeune fille.
Constance se noua un bout de tissu blanc autour de son poignet et elle et ses dames de compagnie partirent pour les joutes.
 
Une immense tribune était dressée et femmes, enfants et hommes ne participant au spectacle trônaient sur les sièges de bois. Constance fut immédiatement invitée à prendre place sur le trône de velours. Un valet souffla alors dans une trompette et hurla. « Que les joutes de la princesse du Nord COMMENCENT. » Tous applaudirent et fixaient avec impatience la jeune Princesse.
 
« Qu'attendent-ils, Juliette ?
- Votre mouchoir, Constance, laissez tomber votre mouchoir dans le sable et les joutes commenceront. »
 
Constance se leva maladroitement, impressionnée par le monde qui l'observait. Elle s'avança minutieusement jusqu'au bord de son balcon et laissa tomber son mouchoir blanc. Quand il tomba au sol, tous applaudirent et commencèrent à rire.
Nouveau son de trompette.
« Ser Gabriel de Firmin contre Ser Joseph de Uilli. »
 
Deux hommes armés de leur lance de bois s'avancèrent, l'un avait une belle armure de chevalier, l'autre en avait une bosselée. L'un avait plus d'expérience que l'autre.
Ser Gabriel de Firmin s'avança vers le public et tendit le bout de sa lance à une belle jeune fille aux cheveux roux de désir et aux yeux vert de malice. Elle portait une robe rose pâle et ses cheveux lâchés étaient couronnés de fleurs assorties à sa robe.
 
« Qui est-elle ?
- Justine de Parni, Mademoiselle, votre future nièce.
- Elle a mon âge.
- Il est vrai. Elle vit une amourette avec Ser Gabriel. Son père n'est point d'accord mais tout le monde s'en fiche ; ce n'est qu'une amourette.
- Une amourette mais elle lui donne tout de même son tissu. Elle lui donne son consentement.
- Constance, le duc de Parni ne laissera jamais sa fille épouser un simple chevalier.
- Un simple chevalier... »
 
Un nouveau son de trompette et les deux chevaliers se mirent face à face. Nouveau son. Les deux se foncèrent dessus et... Ser Joseph tomba à terre, nullement blessé mais bien sonné. Il frappa avec rage le sol et se releva avec l'aide de son écuyer avant de quitter l'endroit tout en jurant tel un charretier.
 
« Quel grossier personnage.
- Un point pour Ser Gabriel Firmin. »
 
Nouveau coup de trompette.
 
« Ser Gabriel Firmin encore une fois contre le duc de Parni. »
 
Sur un magnifique cheval bai cerise, le duc de Parni fit son apparition, droit comme un i, le regard meurtrier, quelque cheveux roux sortaient de son heaume et au bout de sa lance tenait un bout de tissu rouge vif.
 
« A qui est le tissu ?
- A sa femme, malheureusement décédée. Elle est morte en mettant au monde la belle enfant.
- La belle enfant ?
- Justine est souvent renommée la douce enfant, elle est comme vous, seulement, elle... Elle a encore son père. Tout le monde dit que le duc de Parni garde toujours ce foulard et le lasse lui-même avant les joutes.
- D'accord. »
 
Nouveau coup de trompette.
 
Les deux hommes se placèrent.
 
Dernier coup.
 
Constance crut finir sourde avant la fin des joutes avec cet imbécile de trompettiste à ses côtés.
 
Un immense « clac » retentit et le pauvre chevalier fut au sol, un bout de bois de sa lance planté dans l'½il droit.
 
« Quelle horreur !! »
 
Constance détourna le regard instantanément et couvrit sa bouche de sa main. Comment pouvait-on faire cela ? Comment ces jeux pouvaient-ils encore exister ? Ils n'étaient point des animaux !!
 
Après que le blessé fut évacué sous le regard horrifié de la foule mais surtout sous celui de son amoureuse, les jeux reprirent et plus d'un drame se passa, dont un jeune écuyer voulant devenir chevalier perdit la vie.
 
Constance se sentait horriblement mal, presque nauséeuse.
Nouveau coup de trompette.
 
« Je vais lui faire avaler sa maudite trompette ! »
 
Juliette sourit à cette confidence.
 
« Le duc de Parni. »
 
L'homme s'avança sur le sable, toujours ce petit bout de tissu au bout de sa lance.
 
« Et sa majesté le roi Robert de Parni. »
 
Tous se levèrent et applaudirent. Tous sans exception. Constance souriait même, essayant de masquer le trouble que lui renvoyait le Roi. Mais surtout le trouble que lui causaient les souvenirs de sa nuit.
 
Le Roi s'avança en trottant sur son beau frison vers Constance et lui tendit le bout de sa lance.
 
« Si Mademoiselle le veut bien. »
 
Constance s'avança et noua avec grâce, tout en fixant les magnifiques yeux de son promis, le bout de tissu autour de sa lance.
 
Nouveau coup de trompette.
 
Constance vivait chaque sabot se plantant dans le sable fin. Son c½ur battant à cent à l'heure, elle ne manquait cette fois pas une miette de ce spectacle macabre.
Trois... Deux... Un...
Collision.




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