Insoumise Tome 1. Chapitre 1.

Merci à ma correctrice Black-Plume.
 
Chapitre 1.
 
Les nuits laissaient place aux jours et cela faisait bientôt deux semaines que Constance avait quitté sa ville et sa région natale pour arriver ici, dans Le Val. Ils étaient au niveau de la ville de Cloud et devaient dormir dans l'auberge du Bois des oiseaux.
 
« Un lit ! Mon Dieu, merci !
- Mademoiselle Constance, laissez-moi vous ôter cette robe. La femme de l'aubergiste et ses fils vous ont préparé un bain, cela vous fera le plus grand bien.
- Ô Juliette, j'ai si mal au dos ! »
 
La baignoire était faite de cuivre et une pâle imitation d'une tête de lion peinte en doré ornait le devant de celle-ci. Elle fut très vite remplie d'eau chaude et Constance se brûla presque en rentrant à l'intérieur après s'être débarrassée de sa magnifique robe de velours vert sapin aux bordures d'or et de rouge.
 
« Mon dieu Juliette, l'eau est bouillante !
- Cela détendra vos muscles, Constance. Vous savez que vous aurez droit à des bains de lait, une fois devenue Reine ?
- Quelle est cette sottise ?
- C'est une jeune femme revenue des îles d'Octo qui a transmis cela à l'ancienne reine Margaret, la tradition est alors restée à la capitale. Cela rend apparemment la peau très douce.
- Je préfère encore prendre des bains de vin.
- Constance, ne soyez pas idiote. Je suis sûre que ces bains vous rendront encore plus jolie.
- Aide-moi à sortir... J'ai horriblement sommeil.
- Vous n'avez encore point mangé, Constance.
- Je n'ai pas faim. »
 
Juliette obéit alors sans broncher, aidant la jeune femme à revêtir sa fameuse chemise de nuit aux bretelles fleuries. Celle-ci s'arrêtant à peine au-dessus du genou, elle était souvent jugée de vulgaire, mais Constance aimait cette chemise de nuit, elle n'avait jamais chaud ni froid et cela renforçait encore ses charmes.
 
Constance natta elle-même ses cheveux blonds en une natte très serrée et alla se coucher aux côtés de Juliette, déjà endormie.
 
[...]
On frappa à la porte et cela réveilla immédiatement Constance, qui se redressa vivement. Le jour n'était encore point levé.
 
« Mademoiselle Constance. Dépêchez-vous de vous préparer. Nous partons à l'aube. »
 
La voix de Ser Gendry était forte et très rauque. C'était un vieux chevalier de trente ans son aîné. Il avait la peau tombante et des cheveux blancs. Il avait le même âge, à deux ans près, que Robert.
Gendry avait vu mille et une batailles et était un homme du Nord de haute confiance.
 
« J'arrive, Ser. »
 
Constance se releva et se fit exactement la même coiffure que chaque jour. Un chignon natté bas avec deux nattes lui passant au-dessus du crâne. Elle enfila avec l'aide de Juliette sa robe verte de velours avec le corset d'or. La capuche vint camoufler sa chevelure blonde et elle sortit enfin de sa chambre, rejoignant sa voiture. L'aubergiste lui donna un baluchon de nourriture pour le voyage et le cortège repartit. Il ne restait plus que deux semaines avant son arrivée à la capitale. Et il ne restait plus que deux mois avant son fichu mariage.
 
Comme chaque jour de chevauchée, son visage se ferma et elle restait muette à regarder le paysage défiler sous ses yeux.
Plus elle s'approchait de la capitale, plus elle sentait la chaleur venir dévorer sa peau.
 
« Comment peut-on vivre dans un endroit aussi chaud ?
- Nous sommes en plein été Mademoiselle, cela est normal.
- Juliette, tu te fiches de moi ? Il fait plus chaud qu'en plein désert.
- Bienvenue dans le Sud, Constance.
- Merci... Mais non merci... »
 
[...]
 
« Je n'en peux plus, mon Dieu ! Qu'est-ce que je suis fatiguée, Juliette... »
 
Sa robe bleu azur aux bordures fleuries lui collait à la peau et ses cheveux blonds étaient comme gras. Voilà une semaine qu'ils n'avaient trouvé aucune auberge, une semaine ... Et ils étaient enfin arrivés à la capitale. C'était un endroit vaste et beau. Les dédales de rue pavées et blanches éblouiraient n'importe qui. Et au loin on pouvait le voir, le château du roi Robert avec les magnifiques drapeaux arborant un immense griffon blanc et crachant par son bec une flamme.
 
« Bienvenue à la capitale, Mademoiselle.
- Combien de temps restez-vous encore avec nous, Gendry ?
- Je repars demain, votre Majesté.
- Je ne suis encore Reine.
- Vous l'êtes déjà pour moi. Votre bonté sera adorée des villageois.
- Je vous remercie.
- Je ne dis que la vérité.
- Vous repartez donc demain...
- C'est exact, pour repartir aussitôt avec votre frère. »
 
Quand ils arrivèrent enfin au château de Robert, ce fut une vieille femme qui les accueillit. Elle était vêtue d'une robe noire très stricte et se tenait aussi droite qu'un bâton, ses lèvres pincées donnaient l'impression qu'elle n'en avait point et ses cheveux gris étaient tirés autant que cela était possible en arrière.
 
« Bonjour, Mademoiselle Constance. Je suis Madame de Yorck, votre conseillère et la gouvernante de ce château. Je viens vous accueillir à la place du Roi car celui-ci est à la chasse. Il reviendra dans une heure, cela vous donne le temps de prendre un bain et de vous préparer convenablement. Suivez-moi. Je montrerai aussi sa chambre à votre domestique.
- ... Ce n'est pas ma domestique. »
 
Abigaëlle écarquilla les yeux face à la jeune fille. Elle venait de lui couper la parole, de lui répondre sèchement et en plus de tout cela elle n'avait utilisé aucune formule de politesse.
 
« Elle se nomme Juliette et c'est ma dame de compagnie.
- B... bien... Alors je vais lui montrer ses appartements. »
 
Ce fut alors les premiers pas de Constance dans le château, suivie de Juliette et de Ser Gendry mais également d'une dizaine de domestiques portant ses belles valises. Elles marchèrent ainsi pendant une bonne trentaine de minutes dans les couloirs lumineux et magnifiquement décorés du château. Tout était somptueux et décoré avec goût. Bientôt ils arrivèrent à une magnifique chambre tapissée de blanc et d'or. Un lit à baldaquin trônait au milieu de la pièce, une baignoire de porcelaine et une coiffeuse de chaque côté de la pièce et même un petit bureau avec une plume de paon et un encrier était là.
 
« Cette chambre est magnifique.
- Je vous laisse prendre vos marques. Ce sont vos appartements jusqu'à votre mariage. Vous partagerez ensuite les appartements du Roi avant de revenir ici. »
 
La gouvernante fit une révérence des plus gracieuses avant de passer à la pièce à côté. Juliette pouvait arriver n'importe quand dans sa chambre grâce à une porte de service qui faisait se rejoindre les deux chambres.
 
Un bain fut bientôt préparé pour Constance. Un bain sentant divinement bon la rose et la menthe. Celle-ci y plongea avec plaisir et se laissa barboter pendant un très long moment, son corps se détendant au fur et à mesure ; elle en oublia presque où elle était.
 
« Mademoiselle Constance... ?
- Juliette ? Qu'y a-t-il ?...
- Je... »
 
Constance ouvrit alors les yeux et découvrit une toute autre Juliette, ses cheveux bruns toujours tressés étaient magnifiquement coiffés en un chignon haut et ses yeux noisette avaient été maquillés avec délicatesse. Son teint était parfait et ses lèvres légèrement brillantes donnaient envie de les embrasser. Elle portait une robe légère et bleu clair. Les manches étaient inexistantes et on pouvait apercevoir ses belles chaussures ivoires.
 
« Tu es parfaite, Juliette. Mais... Pourquoi es-tu habillée ainsi ?
- Ce soir il y a un bal, Princesse. Votre fiancé a décidé de faire un bal masqué en l'honneur de votre arrivée. Il a aussi déposé ce message sous ma porte pour vous. '' Ma Dame, à nous de nous reconnaître, j'espère que vous passerez un agréable moment, je ne me fais pas de soucis pour moi, de toutes les roses je suis sûr que vous en êtes la plus belle, même avec un masque sur votre doux visage.''. C'est signé R.P.
- Quelle idée... Je n'ai pas de robe de bal.
- Justement. Venez. »
 
Juliette s'était retournée et deux femmes entrèrent dans la chambre de la future Reine. C'était deux femmes de basse naissance, cela se voyait par leur teint mat et leurs mains abîmées. Celles-ci d'ailleurs tenaient avec peu de délicatesse une magnifique robe de bal bleu azur comme le ciel du Sud avec quelques onyx décorant les bordures du bustier.
 
« Elle est parfaite...
- C'est Madame De Yorck qui vous l'offre.
- Quelle gentillesse...
- Sortez du bain que je vous aide à vous préparer. »
 
Constance s'exécuta. On lui enfila bientôt la lourde robe au corset délicieusement travaillé avec de la dentelle. Les pierres d'onyx étaient magnifiquement bien placées et faisaient ressortir la peau laiteuse de Constance. Les jupons étaient assez larges et étaient dans une matière que Constance ne connaissait pas encore ; ils étaient doux et à la fois très chauds. Elle se sentait bien dans cette robe malgré que celle-ci pèse horriblement lourd.
On lui fit deux petites tresses de chaque côté de la tête qui vinrent se rejoindre à l'arrière et qui descendaient le long de sa chevelure. Dans celle-ci on glissa un magnifique diadème d'argent aux formes arrondies féeriques. Et en son milieu de front vint trôner une magnifique pierre précieuse. L'½il du Tigre.
Puis l'une des servantes arriva avec une magnifique boite en bois de chêne et l'ouvrit sous les yeux émerveillés de Constance.
 
« C'est beaucoup trop...
- C'est un cadeau du frère du Roi. Le duc de Parni. Il vous souhaite la bienvenue au château et s'excuse de ne pouvoir être ici ce soir. »
 
Tout en écoutant les explications de la servante, Juliette avait accroché la parure de diamants aux motifs fleuris au cou et aux oreilles de la princesse du Nord.
 
« Il ne manque plus que votre masque, Princesse. »
 
C'était un magnifique loup noir au motif blanc féerique. Quand Constance l'eut mis, tout sourire, elle était parfaite.
Soudain, on toqua à la porte et ce fut un homme qui entra. Il était habillé d'un beau costume rouge et ses cheveux bruns étaient légèrement tirés en arrière.
Il avait un loup gris très simple sur le visage.
 
« Princesse Constance ?
- C'est moi.
- Je suis Charles du Val. Seigneur du Val et maître du château d'Eagle. Je viens vous chercher pour vous conduire au bal en votre honneur.
- Je suis enchantée de vous connaître, Monseigneur.
- Je vous en prie, appelez-moi Charles, votre Majesté.
- Alors appelez-moi Constance. Je ne suis point encore Reine. »
 
Charles esquissa un sourire et tendit son bras à la Princesse qui le prit et tous deux partirent en direction de la salle des fêtes du château. Sur les lèvres de Juliette, un sourire se dessina. Peut-être prendrait-elle goût à la vie de Reine ?
 
[...]
 
La musique battait son plein dans la salle des fêtes, tous riaient, dansaient et buvaient en l'honneur de la princesse du Nord, qu'ils n'avaient encore jamais vue. Mis à part en peinture, peinture qui trônait au-dessus du buffet. Le portrait n'était que très peu ressemblant, Constance avait les yeux moins bleus, les cheveux moins clairs et surtout une peau beaucoup plus pâle ! Ce tableau n'était décidément pas du tout ressemblant, mis à part en une chose : sa bouche. Le peintre avait réussi avec une subtilité déconcertante à reproduire cette bouche pulpeuse et entrouverte qui avait tant séduit les hommes.
 
« Vous devez être beaucoup plus belle que ce tableau...
- Nous ne sommes point doués en peinture dans le Nord, Charles.
- Je n'ose pas vous contredire. Dans le Val, nous sommes horriblement doués pour la musique.
- Ah oui ? Chez nous c'est la couture.
- Vous moquez-vous des tenues d'ici ?
- Non, pas le moins du monde. Je dirais juste qu'il y a certaines fautes de goût. »
 
Charles rit de bon c½ur devant la franchise de la jeune femme.
 
« Vous êtes si belle et à la fois innocente.
- Je crois que c'est cela qui a plu à notre bon roi Robert.
- Olympe !
- Mon époux. Majesté.
- Je ne suis encore Reine. Appelez-moi Constance, je vous en prie !
- Très bien, Constance. Je me nomme Olympe, je suis l'épouse de Charles.
- Je suis enchantée de vous connaître, Olympe.
- Si je pouvais vous voir sans masque, je suis sûre que je m'extasierais devant votre beauté.
- Je ne suis pas si belle que cela...
- Permettez-moi d'en douter. Robert avait si mal à la mort de Margaret, il n'a pu en prendre une moins belle qu'elle...
- A quoi ressemblait-elle ?
- Ô... Vous êtes si jeune... Vous n'avez pas dû connaître Margaret... Vous me direz, du haut de mes vingt-cinq ans, je ne l'ai connue que dix ans. Cela fait maintenant quinze ans que la Reine nous a quittés. Regardez, elle est ici. Elle avait trente ans quand elle morte. »
 
Elle était représentée assise sur un fauteuil, regardant au loin, entourée de mille et une fleurs venant des quatre coins du monde. Sa chevelure blonde descendait jusqu'en dessous de sa poitrine imposante, poitrine comprimée dans une robe légère d'été vert clair. Elle était assortie à ses beaux grands yeux. Elle avait un nez fin et droit et des lèvres pulpeuses, sur sa tête reposait un magnifique diadème couleur or et entre ses doigts fins, un magnifique ouvrage de couture.
 
« Elle était parfaite.
- Ô oui, je l'ai toujours trouvée belle. Tout le royaume l'aimait, et elle est morte. Emportant avec elle l'espoir d'un monde de paix. Robert a sombré dans l'alcool. Jusqu'au jour où il a vu votre portrait dans le médaillon de votre frère... Il est alors tombé fou amoureux de vous.
Ne vous fiez pas aux rumeurs, ma douce amie.
 
- Jamais je ne pourrais aimer un homme tel que lui.
 
- Rien n'est impossible Constance. Rien n'est impossible.
- Je n'ai que dix-sept ans, je n'ai en aucun cas l'étoffe d'une reine.
- Qui a réellement l'étoffe d'une reine ou d'un roi ? »
 
La voix était horriblement chaude et attirante, mais également rauque. C'était quelqu'un de mûr qui se trouvait derrière elle. Constance frémit et se retourna, un homme immense la dépassant d'au moins une tête trônait derrière elle. Il portait une chemise large et blanche laissant apparaître son torse poilu et gris. Mais également une médaille ; une croix en argent.
Il avait une barbe bien fournie poivre et sel, un visage peu marqué malgré son âge, du moins c'est ce qu'elle pouvait constater car son loup noir, aussi simple soit-il, couvrait son front et ses yeux, laissant juste apparaître deux prunelles noisette pleines de chaleur et de tendresse à son égard. Les cheveux de son interlocuteur était poivre et sel et plutôt épais. Son pantalon noir serrait ses jambes musclées de cavalier et ses bottes saillaient parfaitement avec le reste.
Il lui tendit alors sa main gantée de cuir et lui esquissa un sourire qui fit grimper en Constance une chaleur immense.
 
« Voulez-vous bien m'accorder cette danse, gente demoiselle ?
- Je... Avec joie, Monsieur... ?
- Gardons notre identité secrète, cela n'en sera que plus amusant. »
 
Constance sourit et suivit son doux cavalier au centre de la piste. Elle croisa alors le regard d'un homme plus âgé encore, aux cheveux blancs et au visage marqué. Il avait entre ses mains une jeune femme qui paraissait dégoûtée de lui. Après observation, Constance remarqua les mains baladeuses de l'homme.
Cela devait être le Roi, sans aucun doute. Quand ils le frôlèrent, celui-ci puait l'alcool.
 
« Quelle horreur...
- Excusez-moi ?
- Ce vieil ivrogne, là-bas, je suis absolument sûre qu'il est le Roi.
- Le roi Robert ?
- Oui.
- Pourquoi dites-vous cela ?
- Tous les Nordiens qui sont venus ici à la cour l'ont décrit tel un vieil idiot, imbu de lui-même, fêtard et ivrogne et également homme à femmes. Il aime les femmes.
- Vous venez du Nord ?
- Je viens de Vyris, plus précisément.
- Ô vous devez connaître la jeune promise alors.
- Je suis cette jeune promise... »
 
Tout en parlant le couple dansait et tous deux étaient en harmonie sur cette musique lente et douce digne du Sud.
 
« Constance de Vyris... ?
- Exactement, Monseigneur.
- Votre charme est alors plus grand encore que celui du tableau.
- Il est peu flatteur en vérité, je me préfère face à un miroir.
- Je le conçois. Comment envisagez-vous ce mariage avec notre Roi ?
- Je ne sais pas, à vrai dire. J'ai peur qu'il me trompe, une fois que nous serons mariés. Mais à la fois il me dégoûte. »
 
Et à ces mots Constance tourna le regard vers le vieil ivrogne pelotant toujours les fesses de la pauvre damoiselle.
 
« Comment un pareil homme peut-il être Roi... ?
- Comment pareil petit bout de femme peut-elle devenir Reine ?
- Je me le demande moi-même, je n'ai en aucun cas l'étoffe d'une reine. Je ne suis qu'une jeune fille du Nord soumise.
- Devenez une insoumise. Faites de vos problèmes une force.
- Ce mariage arrangé ? Une force ?
- Plus d'une femme rêverait d'être à votre place, Constance.
- Ô Monseigneur, je leur céderais ma place sans aucune hésitation.
- Étiez-vous amoureuse, dans le Nord ?
- Je n'ai eu qu'une seule romance, c'était avec un garçon d'écurie, qui se nommait Vivien. Il était fort gentil, et plutôt beau garçon. Malheureusement il est devenu très vite la pupille du Seigneur voisin et nous nous sommes quittés.
- Jamais personne n'a donc partagé votre lit. »
 
Les yeux de Constance s'écarquillèrent alors devant tant d'indiscrétion de la part d'un homme qui lui avait paru si charmant jusque-là.
« Excusez-moi, Monseigneur ? Je suis vierge !
- Je ne voulais pas vous blesser, Madame.
- Je ne suis pas votre dame.
- Vous le serez bientôt, Constance.
- Sa majesté le roi de Parni ! »
 
Et aux mots de Charles du Val, le masque du cavalier de Constance tomba et celle-ci découvrit un visage très peu marqué par les années mais durci par la guerre par une cicatrice taillant son arcade sourcilière.
 
« Madame. Je suis le roi Robert de Parni, votre futur époux, et ce vieil homme avec qui vous m'avez confondu est le duc de Chevron.
- Je...
- Puis- je enlever votre masque, que toute ma cour puisse vous admirer ? »
 
Constance, tout en écarquillant les yeux, défit elle-même son masque qui tomba à ses pieds tel un vulgaire bout de tissu.
Tous furent stupéfaits devant la beauté de la jeune rose du Nord. Elle était plus belle que ce vulgaire tableau.
 
« Mademoiselle, vous êtes plus belle encore que le jour... Et plus mystérieuse que la nuit. »
 
Constance restait béate devant le Roi ; il était certes beaucoup plus âgé qu'elle il est vrai, mais son charme était tel que lui résister serait de la folie. Pourtant son cerveau, lui, hurlait de le fuir comme la peste, alors que son c½ur tiraillait pour lui céder.
 
« Je... Mon Roi. »
 
La révérence de Constance fut telle qu'elle en toucha presque le sol chaud de la salle des fêtes du Roi. Tous restaient ébahis devant sa grâce presque parfaite.
 
« Je vais me retirer, maintenant, votre Grâce. Merci pour cet agréable moment. »
 
Et sans crier gare, Constance disparut en courant de la salle du trône et, sans perdre une seconde, Robert la suivit.




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